A FONDS-VERRETTES, LES FEMMES S’ACTIVENT

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A FONDS-VERRETTES, LES FEMMES S’ACTIVENT
Jeudi 15 de octobre del 2020

Le vendredi 02 octobre marque la fin d’une série de formation au profit de 20 femmes actives venues de Doguimby, Saint-Louis d’Haiti, Gros-Cheval et de Bois Négresse, quatre localités de Fond-Verrettes. Activisme communautaire ; concepts essentiels liés à l’égalité des sexes ; instruments juridiques internationaux pour les droits des femmes ; état des lieux des inégalités de genre en Haïti et dans le département de l’Ouest en particulier ; genre et agriculture ; genre et changement climatique sont, entre autres, les thèmes qui ont été abordés au cours de ces 10 jours de formation.

Cette formation s’inscrit dans le cadre du projet « Autonomisation socio-économique des femmes et renforcement de leur leadership et de leur participation aux espaces décisionnels du Fonds-Verrettes » exécuté par l’ONG CESAL avec le financement de l’Agence espagnole de coopération (AECID) qui vise, dans un contexte de changement climatique, d'insécurité alimentaire et de perte de biodiversité, à améliorer le bien-être des femmes à travers un processus de développement socio-économique inclusif.  Il vise aussi à renforcer leur rôle et leurs capacités dans les espaces communautaires et le plaidoyer politique inclusif à Fonds-Verrettes.

Trois sessions de formation sur le renforcement des capacités de femmes à influencer leurs droits et le changement climatique ont ainsi au lieu entre juillet et septembre 2020 et ont permis la participation de 20 femmes de quatre localités de Fond-Verrettes ainsi que cinq représentants des autorités locales (maire, ASEC, CASEC) Cette formation se veut être un catalyseur pour porter les femmes à participer aux prises de décisions dans leur communauté. Il s’agit du point de départ pour la création d’un réseau d’activiste dont l’objectif sera de  promouvoir les droits des femmes dans une dynamique territoriale en sensibilisant au rôle fondamental des femmes dans la mise en œuvre des mesures nécessaires pour faire face aux effets du changement climatique, qui est essentiel pour renforcer la résistance agricole.

« Cette formation est utile pour moi. Elle me permet de renforcer ma capacité en tant que femme active dans la communauté, mais aussi elle m’aide à réfléchir davantage sur comment la participation des femmes peut faire une différence dans ma localité », a affirmé Sophonie Jean Louis, une participante qui a suivi les dix jours de formation.

Durant cette formation, les participantes ont pu échanger et partager leur expérience de la réalité des femmes dans leur communauté respective sur les différentes violations des droits des femmes ainsi que sur la réalité du changement climatique et de la sécurité alimentaire.

Pour Augustine Augustin, responsable du regroupement de femmes Gwoupman fanm konba lavi Bois-Négresse (GFKLB), cette formation est ce que les femmes de Bois-Négresse avaient besoin pour se réveiller. « Nous avons beaucoup appris. Nous allons partager le contenu de la formation aux femmes et jeunes filles de Bois-Négresse et particulièrement aux hommes. Ces derniers doivent comprendre que nous ne sommes plus des « fanm kajou » facile à réparer. Nous sommes de femmes actives à l'écoute de la communauté, ajoute-t-elle.

La formation a été aussi l’occasion pour les différentes organisations et regroupement de femmes de porter leur cahier de doléances devant les autorités locales présentes. Les participantes demandent aux autorités locales d’être plus proches de la population afin d’aider les femmes dans les démarches surtout en cas de viol et de violence domestique.

« Viol et abus, sont la réalité quotidienne des femmes de Gros-Cheval. Comme organisation communautaire, nous apportons toujours notre soutien aux femmes victimes. Ce que nous souhaitons c’est que les hommes prennent conscience que nous ne sommes pas des objets qu’ils peuvent manipuler à leur guise. Nous voulons être traités comme des êtres humains », argumente Sainvictor Euclide, activiste et membre du comité directoire de l’Association des femmes actives pour le développement et l’épanouissement de Gros Cheval (AFADEG).

C’est en ce sens que la féministe Augustine Augustin s’active auprès de la mairie et des autorités judiciaires pour mettre en place un mécanisme de plaintes pour les femmes victimes de violence. Elle souhaite que cette campagne touche les policiers, les agents de santé, les religieux et tout autre acteur de la société civile de la commune.

Les activistes, suite à la formation reçue, sont en train d’élaborer une campagne de diffusion territoriale pour la promotion des droits des femmes avec une attention particulière à la participation du collectif masculin pour toutes les localités de Fonds-Verrettes.

Cette campagne débutera avec une grande journée de sensibilisation dans la localité de Gros-Cheval pour marquer la journée internationale de la femme rurale le 15 octobre prochain. Les activistes se donnent pour mission de sensibiliser la communauté sur les rôles fondamentaux des femmes dans la mise en œuvre des mesures nécessaires pour faire face aux effets du changement climatique afin de renforcer la pérennité des activités agricoles. La mise en œuvre de l’approche activiste communautaire liant le genre et le changement climatique est innovateur et reste un défi pour la communauté.

 

Sherline DUPLAN, Coordinatrice CESAL